de Valence à Nîmes

Valence – apparition sous les brumes –immaculées non point

Surprise que le train ne s’y arrête pas et assoupissement

Chute du chapeau de feutre de l’homme qui balançait son pied dans l’allée

Près de toi, nul éveil

Sinon

Perceptibles les vignes qui pleurent, le rose des arbres de Judée en flammes

Tel, traversant un champ sous les ondées de pétales blancs

Oublié l’essoufflement tenace

Oublié le corps massif près de la vitre

Effacement de la vallée du Rhône

Là et ici – Las !

Menaçantes affiches du Front National

Tes racines sont dans le sol de tes mots

Face à la route embaumée, celle qui mène aux Cévennes

Tant d’itinéraires bardés de pierres sèches

Les aïeux reclus

Au nom d’une modernité réprouvée

Ceci est la perspective de (re)venir à Nîmes

Iris du XXIème siècle

La place d’Assas, l’arpenter, l’épuiser, prendre appui près de Robert Denis

Quelque chose est insupportable mais quoi ? Mais SOI ?

Sous les miellats, vanité fait force de loi.

Souvenirs des rituels – comme demoiselles de fées

Ne pas se réveiller de mauvaise humeur

Penser à sa survie

Comment Picasso rature et Breton biffure

Reconstituer un itinéraire

La ville désertée du pas de Courbet au pont amputé

Comment le mouvement du père au fils dessine autre chose

Que le double héritage de la domesticité et du prolétariat

Les toits, les fontaines et les flaques d’eau sablée

Les injures qui ne sont qu’apostrophes

La foule piétine l’esplanade, son taux d’adrénaline crève le plafond des platanes

Sous la harangue d’un bonimenteur – Nil novi sub sole

Qu’est-ce que le souci ?

Souci de l’âme qui ne trouve plus d’adoption

Regards autour de soi

Sous fenêtres closes, crocodiles avant migration, des ombres, une lumière médusée

A quand le printemps ?

Fils tissés, fils non ciselés, des froids et des chauds

Succession de révolutions

Relire –après- ce que furent les Karamazov

[Moi, je suis immobile à Feuchères.

J’attends à mi-chemin de l’ascenseur vitré et de l’escalier de pierre.

Apparition, gare de Nîmes, d’un homme au sourire chavirant.]

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