La ultima vez

On avait déposé la vieille moto, une Triumph grenat, derrière l’hôtel de la Gloria. Tu m’avais dit que tu n’en avais que pour une petite demi-heure, que c’était important pour toi et que ce serait la dernière fois que tu le verrais.

Je t’avais vu disparaître derrière la lourde porte de l’hacienda et je m’étais installée sur la terrasse de l’hôtel. Il faisait chaud. Très chaud. La chaleur étouffait même les aboiements d’un chien que je ne voyais pas.

De temps en temps surgissait dans ce silence brûlant la voix d’une femme qui appelait.

Je ne voulais pas imaginer votre ultime rencontre mais j’étais attentif aux moindres bruits. Je crois que j’attendais quelque chose comme le claquement d’une balle de revolver. Je n’ai donc pas été surpris quand j’ai entendu au loin la sirène impatiente d’une voiture de la Policia. Tu n’étais pas encore revenue. Un homme s’est présenté à la porte chargé de matériel vidéo sophistiqué. Il est entré. Inquiet, j’ai avalé rapidement le fond de la bière tiédie qui stagnait dans ma canette et j’ai poussé la moto jusqu’à la lourde porte. Je suis arrivé en même temps que toi.

La Policía débarquait.

Je t’embarquais.

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