True Detective

Dans la pénombre, une barge s’éloigne avec à son bord des bikers bourrés à la coke mexicaine, debout et chancelants au-dessus du bayou, aussi dangereux que les alligators qui ne dorment pas. Plus tard dans la soirée un calibre se lâche sur un pauvre bougre agenouillé en sa nudité, des gosses se terrent dans les baignoires et les hélicoptères déboulent à ras les maigres brins d’herbe. Au fond d’une bagnole à pleine vitesse, cogner encore et encore pour qu’un nom soit prononcé, cogner ! Il ne fait jamais froid en Louisiane.

Qui n’a pas vu les épisodes de la série créée et écrite par Nic Pizzolatto et diffusée sur HBO n’envisage peut-être pas que l’éradication de sa propre violence ne se fait qu’après avoir accueilli les voix disparues, quoiqu’il en coûte.

Il est un bien-être que celui d’éprouver d’intenses émotions, de celles qui replongent dans le passé et ses aspérités.

True Détective, c’est la route des deux inspecteurs Rust Cohle et Martin Hart bordée de champs de canne à sucre, balisée par des pontons de pêcheurs au bout des mailles stagnantes que trace le fleuve en surimpression duquel une zone industrielle délavée suffoque.
True Détective c’est un suspens qui ne laisse pas de répit sauf le temps de fabriquer un bonhomme avec une canette de Lone Star vide en une ampleur lente et tragique.
True Détective c’est sonder les origines, les doutes et les fragilités, c’est brasser l’orgueil et l’humilité de notre condition humaine.

On pense aux romans de James Lee Burke, au Marlon Brando des 50’s, on fredonne The Black Keys…« Nothing is ever over » comme le dirait Cohle, interprété par le charismatique Matthew McConaughey.

A voir
Un tramway nommé Désir, réalisé par Elia Kazan, 1951
Down by Law, réalisé par Jim Jarmusch, 1986
Interstellar, réalisé par Christopher Nolan, 2014

A lire
Lumière d’août, William Faulkner, 1932
Dans la brume électrique avec les morts confédérés, James Lee Burke, 1993
No Country for Old Men, Cormac McCarthy, 2005

A écouter
Singing Bones, The Handsome Family, 2003
Rubber Factory, The Black Keys, 2004
Passover, The Black Angels, 2008

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