Le rêve de William Burroughs

Mes rêves sont avant tout une liqueur

Surtout s’ils sont attachés par des liens de cuivre

Qu’on aurait pu faire boire à son meilleur ami

On répète par trois « Reviens à l’eau »

Les sorcières d’une terrible forêt rouge magenta

S’enroulaient et flottaient comme des serpentins

Après un long parcours depuis le quai

Je me souvenais d’un endroit où j’étais entré

Ecarlate et l’œil torve, fatigué comme dans

Un Mexique abandonné peuvent l’être les buveurs de téquila

L’horreur entrait en moi. Je la mâchais

La procession s’arrêta devant la tombe du Roi

Des marins encore saouls de leur veillée

Des dockers debout depuis cinq heures

Petits traits irréguliers séparés d’intervalles vierges

Peut-être s’agissait-il du mystère fondamental de la vie

Non pas des asphodèles en pleine lumière d’août

Un pointillé, une longue ligne de pointillés

De gigantesques élytres, et quelques énormes pattes

Ayant, comme disent les Français, brûlé la mer Rouge

Un vrai remugle de membres coupés

Telle une armée de clones faire mine de lever le bras

Nager à contre-courant, rompre ses amarres

« Retire tes pattes de là, vieux con ! »

C’est le nain qui ressurgit, il n’est plus seul

Et une belle en crinoline blanche

Tient à la main une cage dans laquelle, silencieux

La forme d’un homme au repos, faisant soixante centimètres

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