Entre les branches, respire l’eau

Affiche de Au Voleur, de Sarah Leonor, 2009

Il est un ravage tendre que chaque cicatrice souligne à son insu
Enchaîné à sa silhouette désarticulée par un invisible boulet
Comme le sifflement d’un oiseau, comme une porte de frigo ouverte par deux fois
Lui le géant, elle la frêle
Mots et mains ne leur répondent plus
Entre les branches, respire l’eau

Il est un chien dont la charogne n’est pas encore advenue
Un loup qui lèche ses blessures sous le feuillage alsacien
Comme un pont brisé, comme des chants pygmées s’élevant au crépuscule
Lui le géant, elle la frêle
Danses et rires ne les mènent nulle part
Entre les branches, respire l’eau

Il est une voix fatiguée que traverse la fumée d’une cigarette
Un murmure sous la lumière rouge de la nuit chagrine
Comme les neiges éternelles du Kilimandjaro, comme l’ivresse embaumée au curaçao bleu
Lui le géant, elle la frêle
Traqués au fond d’une barque dérivant sous la ramure
Entre les branches, respire l’eau

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