Visages de l’effroi

Que peut signifier quand dans l’encoignure, la courbe de la pèlerine en feutre lie-de-vin ne masque pas le visage blême et crotté de la femme et de l’enfant acculés ? C’est un spectacle, celui de la réprouvée dont les sourcils froncés au-dessus d’yeux exorbités ne peuvent plus en ultime recours que ravaler les cris de l’innocent dans ses bras maternels.

Elle fait peur, entre les taches rouges du crime, la femme fluette et hagarde. Une araignée hors de sa toile protectrice. Freak intemporel. Tache blanche aussi, infligeant à ses membres des plis grotesques. Sans autre nom que celui de la Fiancée de Lammermoor, elle a trouvé refuge temporaire au fond de l’âtre.

L’homme au visage glabre sort du fourré. Il tient une pelle par le tiers supérieur du manche, ce qui lui permet de coincer le corps de sa fille entre son ventre et ses cuisses. Le contraste entre la silhouette cadavérique et le visage peiné du père est étonnant. La lune perce le ciel alourdi. Le regard masculin balaie la couverture de fines pâquerettes en quête de terre meuble.

29 décembre 2015
© Catherine Robert

Visages de l’effroi, exposition, Musée de la vie romantique, Paris

Catégories :Non classé

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