This is not a love song

Je est un autre
I’m not the only one
Tu es passé avec ta tristesse
En couleurs décolorées passées
Les tranches grises se grignotaient entre elles
Lulu, ne sois pas si triste
Lentement une roue vrille
Une enfant sautille
Au loin les cloches sonnent
À moins que ce ne soit le diable
Qui se mêle de tout
Lentement
Tes chuchotements nous impressionnent
À moins que ce ne soit le clavecin


Les rues se sont assombries
Une fille descend les marches de la venelle
Elle porte des bottines vernies
On la regarde
Un arc dessine le ciel
Règne la stupeur
On la regarde
Ses cheveux noirs frôlent ses lèvres
Des silhouettes entrent et sortent du Madison Blue Hôtel
Dans la ville dans les rues sur les trottoirs
L’incandescence
La folie est audible
Tu prêtes l’oreille
La fille s’arrête

Manipulation jaune
Tapis rouge
Quelqu’un dit – Des notes florales
Tout ensemble l’envol de papillons
Les monarques sont de retour
La fille a baissé les paupières
Encore des notes de clavier
Le piano de l’enfance
Les arpèges de l’été
La face verticale de la cité écrase toute végétation
Hormis des plumeaux de pissenlit puissance dix au carré
Quelqu’un dit – Cette ville pue le soufre
Tu as compris – Cette fille pue le soufre
Tu t’es levé pour lui casser la gueule

Tu as chuté
Au-dessous de toi, les eaux du Rhône
Des taches de vent et autour
Des amoureux se sont sauvés
Respire ! Hume la déraison dont tu as besoin !
De profil, la cage thoracique de la fille se soulève et s’abaisse
So long so long…
Tu vois à nouveau la fille
Et tu revis
Ce n’est pas le moment d’y aller
Tu te souviens du diable
Les amours dans la Pontiac
L’ivresse défilait
Et nous étions jeunes

La fille se penche
Un mouchoir prolonge son poignet
En bas de la rue, une large tache
Elle essuie le sang
Tu effaces les larmes
De son visage surpris
Tu effaces le sperme
Tu effaces les péchés
A travers la vitre, la pluie roule
À la verticale et à l’horizontale aussi
Tu ne crois pas ce que tu vois
Quelqu’un dit- Les dictateurs s’affichaient sous les palmiers
Tu ne crois pas ce que tu entends
It’s time to go

Dans le Pacifique il existe
Un point qui est éloigné
De toute terre et de toute vie
À moins qu’un satellite passe au-dessus
Zoom zoom
Ici-bas, en cet instant
C’est tout pareil
Tout a disparu y compris tout satellite
La fille a dû arriver à destination
Elle s’est sans doute assise sur un tabouret
Dans le café, une scène de bois avait été improvisée
Chaque soir
De sa guitare et de sa voix
Léna

Certains dansaient
Tu as observé les smokings blancs
Au fond, un homme seul
Tatoué et vêtu d’un kilt écossais
Tu as détourné la tête quand il a tiré la langue
Secousse magnétique
Décharge électrique
Spasme catatonique
Ce n’est pas la fin du monde
It’s only rock’n roll
Ses gouttes métalliques
Ses crachats hurlés
Sur l’estrade – elle – moderne Botticelli
Qui a remis en place le tissu qui glissait

Lucky boys
Le saxo enveloppait un échalas, grand – cela va de soi
À l’articulation hasardeuse
Dehors des giclées de ciel impur
Flammes, paillettes et zébrures
Dessus les champs, les moutons et la ville
Dedans les pintes de bière renversées
Les tronches fatiguées
Vomissures de l’aurore
Tu as pensé que cela n’avait plus d’importance
Tu as hoché de la tête
Tu as refusé de dire le vrai et le définitif
Tu aspirais à manger, te branler et dormir
Reconnaître ce dont le coeur a besoin

Choisir le bon moment
S’entourer d’un choeur
Conserver les racines – roots en anglais
Quelqu’un dit – Sois humble, mon petit bonhomme
Tu lui as sauté au cou
Pas vraiment
En songe…
Quand tu es sorti
Les saints de glace étaient derrière toi
Les moutardes et les coquelicots s’enlaçaient
Putain, as-tu dit à voix haute
Demain les taureaux rencontreraient les hommes
La poussière et les ola se soulèveraient
Le combat serait équitable

La voix de la fille ne te parvenait plus
Tu avais besoin d’une piqûre de rappel
À cet instant elle a surgi
Aimable et funèbre
Et son image s’est estompée
Une absence, un évanouissement
Des allers et retours
Tu as revu les fruits et légumes de ton beau pays
Il y faisait froid
Le paysage demeurait plat
Hormis les éoliennes et les centrales électriques
La paix n’est plus !
La guerre la guerre la guerre
Même pas besoin de le dire, même pas besoin de le lire

On peut choisir de demeurer dans l’entre-deux
Avec le vague retour promis

Un château d’eau, des boulevards, une boîte à rythme
C’est le rauque retour
Le retour de la Tangerine
Qui peuple les lignes à haute tension
Les monticules de marne et de betterave
Les usines de brique
Bordel sombre
De l’homme aux bagues – encore lui
Qui bave pour l’éternité
Sans son comparse
Le refrain de la Tangerine

Ici
Ton réveil au sol
Encerclé de mecs tout de noir – à nouveau la nuit ?
Eux ne fredonnent pas
Ils martèlent sur les motos, sur les fûts métalliques
Dandys couverts de jais qui traversent les braises
Ailleurs en de lointaines contrées
D’autres, encagoulés
Manient sabre et kalachnikov
Massacrent le monde
Ragent des affronts subis sur les bonnes terres
Où est passée la lumière ?
Tant auraient souhaité ne pas la perdre
Tant se sont trompés

Autrefois, tu te réfugiais dans une gare sans nom
Les américains l’avaient bombardée
Un terminus oublié
Au fond du trou, des hublots de végétation
Quelqu’un dit – J’y étais
Un français jouait de la contrebasse
Un drôle d’homme faisait des pas de danse
Ses chaussures se poudraient de neige
Peut-être un indien
Plus tard ils boiraient du vin
Ils fomenteraient des plans de drague
Et des mauvais coups
L’empoisonnement à l’arsenic, c’étaient eux
Cette fois, ils avaient dût fuir sur leurs chevaux

Léna – tu as retenu son nom
La fille à la langue fuyarde
De tout son corps elle filait
Trouvait partout asile
Nombreux étaient ceux qui l’avaient aidée
Tu relèves la tête face à un homme qui jette un trognon de pomme
Quelqu’un dit- Il est jaloux
Jaloux et broyé, soldat cassé
Nombreux sont ceux qui l’ont haï
Tu ne crois pas ce que tu sais
À quoi tient le contrôle ? Une posture, un jeu, une imposture
Le temps n’en finit pas de nous traverser
Toi, tu poursuis ta quête
Léna – tu as retenu son nom

14 mai 2016
© Catherine Robert

Catégories :Non classé

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