Berlin 2008 E22

  1. Le Kanun

Nous passons la journée à marcher, je l’écoute. Au milieu d’un de ces no man’s land dont regorge Berlin, je pense « Je veux cela, cela le plus longtemps possible, seul avec elle, loin des bâtiments, loin des rues, loin des voitures, seuls. » Elle lâche ma main, s’arrête, elle lève les yeux au ciel. Telle une éponge elle ressent et s’imbibe. Devant le Martin-Gropius Bau Berlin, une affiche juxtapose le nom et la silhouette de Richard Avedon et elle, emmitouflée qui presse le pas, à sa gauche, des étages effrayants barrent le paysage, devant elle un pan du mur gris, dans un fossé au pied des arbres dont les dernières feuilles rougeoyantes tourbillonnent et chutent, une exposition, un défilé silencieux de familles, de couples, de groupes, de solitaires. Berlin, ville historique, m’avait-on prévenu. Nous avons vu les tombes, les impacts, les hommages, le béton, l’anthracite privant d’air et de ciel, rien encore ne m’avait fait aussi froid dans le dos que cet endroit, Topographie des Terrors. Près du Reichstag, elle a baissé les yeux, déchiffré Berliner Mauer 1961-1989, incliné la tête et murmuré.

– Leur calvaire n’a pas été aussi long que le nôtre.

– Tu oublies la période nazie.

– Nous avons été occupés si longtemps par les ottomans, par les allemands.

Catherine Robert

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