Berlin 2008 E31

Le lendemain je suis seul dans la chambre éclairée par le soleil. Dans la salle de bains, je dois m’asseoir de fatigue malgré la nuit. Je me lave les dents. Je me sens ridicule. Je veux reprendre bonne figure. Je récapitule à voix haute devant le miroir.

La grand-mère Bukurie a 66 ans à la chute de la dictature. Son mari Gjorg est mort dans les camps en 1961. Seule à élever ses enfants dont deux parvenus à l’âge adulte, l’aîné Anton, meurtrier d’un voisin à Pukë, meurt dans un accident de voiture avec son frère Pietr. La femme de ce dernier, 28 ans à la naissance de son fils, est alitée à l’hôpital depuis 2005. Emin recherché pour vengeance, vit reclus chez sa grand-mère, seule sa sœur Zana est scolarisée.

Comment supporter ce foisonnement ? Solitude, courage, rien n’a plus de sens depuis que je suis à Berlin. Je renvoie dos à dos tous les dogmes. Je rage. J’ai envie de défaire le mauvais jeu de dominos, de brûler le ciel et l’eau, de tarir ce qui fait vie. Les montagnards et les sages se coltinent dans mon crâne, rien de tout cela n’est crédible et pourtant si et pourtant non.

Catherine Robert

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