Berlin 2008 E40

Que lui répondre ? Je prends la parole longuement, elle est silencieuse pendant ce temps, étonnée que mon flegme soit imprégné de toutes ces émotions. « Je t’ai écrit hier soir tandis que tu dormais dans les draps blancs. » et aussi « J’ai bu trop de vin. » Elle me mesure du regard, la mèche lui frôlant l’œil droit, son drôle de sourire fait ressortir son grain de beauté, elle porte la main à la nuque et de son accent rocailleux, elle dit « Tu souffles le chaud et le froid. Je lirai ce que tu m’offres. » Je n’ai pas fini « Parfois je n’ai pas voulu et le destin m’a envoyé valdinguer ici et là, parfois je n’ai pas voulu et ma volonté l’a emporté sur ma négligence. » Elle approche ses lèvres de mon oreille « Tu n’as pas la morsure des hommes de ton âge. » Nous restons silencieux.

– Je te retrouverai ce soir, je dois parler à Emin, il est agité, il est inquiet, ses frayeurs le reprennent, il se sent suivi, il affirme avoir été repéré.

Je veux l’accompagner, mais elle se sauve. Je l’entendu crier une dernière fois. « Devant l’Indian Village d’Oderbergerstrasse. A 21 heures. » Il pleut et je pleure.

Catherine Robert

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