Oh ! Si j’étais capitaine

Intérieur feutré, tiède : Dans les étoffes éclatantes, j’admirais la volupté des corps dénudés caressés par la lumière qui filtrait.
Les palmiers plantés devant les fenêtres apportaient de la fraîcheur. L’après-midi s’étirait sous les arches.
Oh, moi, si j’étais capitaine… j’achèterais ces belles esclaves à la peau nacrée, de Sara à Adélaïde !
Je les parerais d’ors et pierres précieuses.

Dans la cour : chaque grain de sable écrasé de soleil, deux dromadaires paisibles à pompons rouges mâchonnaient patiemment, leurs jeunes guides pieds nus enturbannés à leurs côtés.
Oh, moi, si j’étais capitaine… je construirais une conduite de pierre pour que l’eau arrive jusqu’à cette cour !
Des fleurs aux mille couleurs contreraient toute cette blancheur.

Murs d’enceinte du caravansérail, lumière dorée du soir qui s’étirait : les combattants armés, chevaux fourbus, rentraient au bercail. Sans butin, sans conquête, l’orgueil et la gloire dont ils s’étaient habillés pour partir il y a deux semaines maintenant avaient fondu. Il leur fallait retrouver un peu de force et de dignité avant de franchir les portes.
Oh, moi, si j’étais capitaine… je constituerais une troupe vaillante, toujours victorieuse !

Oh, si j’étais capitaine…

Mathilde

[Arabes surpris, dans le désert, par le Simoun, François Auguste Biard, 1833]

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