Chaleur dans le froid

La lumière disparait dans le trou de la serrure où s’enfonce l’illusion de l’ailleurs. Je décide, dans cette nuit, que cela m’est égal.

Quand un visage s’interpose dans le réel des nuages et éclabousse de clarté le doute moutonneux, détourner la tête, se taire, sous-entendre des paraboles, est-ce une vie d’homme ?

Se tenir debout dans le ressac, les grains de sable s’illuminent. Je les dessine, je coule dans leurs formes une existence, je sculpte des fantômes de lumière et de sang.

Faire table rase de l’orage des maux. La quantité et la variété des expériences accumulées sont les pions d’un jeu pour gravir l’échelle des valeurs à la recherche d’un sens.

Le scintillement d’un pendant d’oreille sur une joue. Rendre familière l’apparence, unifier par la pensée et par le toucher la lumière et la tendresse.

Donner de la valeur à une simple cigarette, loin des foudres célestes, il resta figé dans la bénédiction de l’eau.

Les éclats du soleil, trop vifs, laissent des traces, j’enlève les lunettes et, dans l’univers soudain rendu à son silence, les étincelles rouges verdissent, s’apaisent.

Le soleil entre deux nuages, est-ce cela la vie ? ou bien chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne donne de sa profondeur à ma nuit.

Il fait trop chaud pour la vérité. Qui sait où est le bout du tunnel ? celui qui est en chemin…

A.Gibert

Exposition L'étranger - sans importance, Aubais, 2018

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