Chaos

Sur cette terre aride et froide, le vent souffle, âpre et violent, gommant tout sur son passage.

Le temps du mal est là.

Peu à peu l’obscurité descend sur terre.

Brume opaque.

Funeste destin.

Dans cette nuit d’encre, ombres mouvantes ; l’Homme immense surgit du néant, clown ridicule faisant sa loi. Dans ses mains, des clochettes sonnent le tocsin, annoncent la peste, annoncent la fin.

Ce guignol insouciant, sorti des marécages, triomphe des forces du mal. Il est sans limites et fait couler des larmes de sang. Funambule aveugle et sourd se croyant immortel, il jongle avec la vie, il jongle avec la mort.

Une odeur de soufre me prend à la gorge et je tombe à ses pieds. Mes yeux me brûlent et se ferment. Ma gorge en feu laisse échapper un dernier cri.

Un spasme violent secoue soudain mon estomac.

Je vomis.

Je vomis tout.

Tous les maux, tous les crimes, tous les cauchemars qui jusque-là m’ont tenu éveillé. Cicatrices indélébiles sur mon corps fatigué. Le monde n’est plus que chaos et, dans ce corps à corps surnaturel avec moi-même, je sens que je perds et me dilue peu à peu.

Les visages s’effacent. Les lignes dansent sur les reliefs. Noir.

Seul, debout, le monstre reste maître. Né des ténèbres, il y retournera bientôt, m’emportant avec lui.

Tocsin.

Silence !

On tourne !

Muriel Ramaré

Détail d'une toile de Matthieu Capelier

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