La trace du lointain sur ma peau

Face à face avec la fenêtre – torchon qui pend sur le zinc du bac – pince suicidaire, comme celle d’un crabe qui me narguerait et m’attirerait. Souffrir pour ressentir ? Dans l’eau claire, soigner mes plaies ; vers la fenêtre, plonger le regard et de la lumière, conserver la trace du lointain sur ma peau. Devenir, en fermant les yeux, la fille de tous les ouvrages que les anciens ont bâtis – l’outil chevillé à l’une des mains tandis que l’autre essuyait un front blême de fatigue. Ne pas oublier leur force, ni leur solitaire détermination à ouvrager ensemble.

Le Cheval de Turin, Béla Tarr, 

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