Comme ta pensée confuse

Rouen août 2019

Ici, là-bas, ailleurs, on dirait un funambule dans l’espace de la nuit. Un départ s’impose, en voiture, en train, à pied, peu importe. Il faut tordre à nouveau ce qui est détordu, éprouver chaque tour que l’on donne, sonder le chanvre, la soie et la peau abîmée et les tracas et les larmes. Tu marches à Rouen depuis déjà trois heures, tu y es, juste à observer la chaleur de la foule et tes membres se délient. Tu as envie de raconter le parvis de la cathédrale, la rue de l’évêché, la descente vers les quais, les orages et les inondations, ta marche accélérée comme ta pensée confuse. Tu désires te vider.

Ici, là-bas, ailleurs, ils sont ennuyeux ou exécrables, les jours, qu’elle laisse filer tout en dilacérant les écorces de sarment qui tombent à terre avant que les foumis s’en emparent. Les uns à Copenhague, les autres à New-York, elle se consume d’impatience, va et vient, observe ses chèvrefeuilles qui croissent, croissent.
– Serais-je un jour de ce monde ? Rien ne serait mieux, de toute façon, elle aurait toujours du retard.

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