J’habite l’exil

Sur le départ (l’exil). À la fenêtre se tient l’aïeule et près du portail ouvert, toi, tourné vers notre Loire. Je n’oublie pas l’envol du sable bleui, je n’oublie pas les vaches immobiles, je ne t’oublie pas, exsangue tout simplement. C’est une violence, une absence d’air, une solitude. On dirait qu’on ne tend à rien comme, à bout d’incendie, parfois sont les pompiers.

Dans tout soupir séjourne un inconnu, une absence, un abandon.

Pendant (l’exil). Éprouver l’acidité des agrumes, le pouvoir de l’alcool, la noirceur du charbon, marcher dans l’arrière-cour, courir vers la porte. Là, est ta bouche. Ta voix rauque, ta chaleur alors que s’achève le banquet. On arpente les traces de notre amour, les miettes d’or. On danse sur les pierres odorantes, on se roule dans les dunes rouges, jusqu’à la piscine – plouf. On est seuls, on est au monde.

Non-retour (l’exil). Lasse maintenant, les yeux pleins de poussière – le combat pas encore fini – j’entends jouer du clavecin, en haut les avions ; les oiseaux plus bas ; à l’horizon, un seuil. Je me courbe sous les fumerolles, les hydrocarbures chutent dans les jardins, sur les paupières et les bronches.

Oh, ton souffle oublié de moi.

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