La femme aux paons

La femme aux paons, Albert André, 1895


Une femme empêtrée en ses étoffes, tout en émoi, une femme grave sous son arbre torturé, tiges et feuilles fauves cadencées par le tournoiement du vent. Elle habite la pénombre, les reflets de la nuit – ses bleutés et ses tempérés –, elle habite la solitude et cherche son empreinte dans les matières, le bois, le sol et les vapeurs. Elle a vécu la guerre quand, en tablier de serge rayée et son panier à bout de bras, elle courait au ravitaillement le visage en feu. Elle songe à son homme, au manque de son homme enrôlé. Elle, apeurée au fond du jardin, elle fouille l’inquiétude de sa chair, tout au souvenir de la splendeur de ses mains ; la démesure de leurs corps ; l’affolement rauque de leurs souffles ; le ressac tel une roue de paon agitée sous la brèche des nuages.

s’il meurt, je serai l’errante à peau mordue de froid et âme râpée.

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